12112009
Mariage à l'anglaise STRACHEY, Julia - Drôle de temps pour un mariage
Un cottage dans la campagne anglaise, une froide journée de mars, dans les années 1920/30.
« Le 5 mars, Mrs Thatcham, une veuve de la bourgeoisie, maria sa fille aînée Dolly, âgée de vingt-trois ans, à Owen Bigham, de huit ans son aîné et employé par les services diplomatiques. »
Tandis que Dolly se prépare dans sa chambre, la maisonnée bruisse d‘une agitation peu ordinaire : les domestiques vaquent, les membres de la famille arrivent, discutent et se chamaillent dans un joyeux chahut.
Un invité reste à l’écart de toute cette excitation : Joseph, le jeune homme qui a rencontré Dolly l’été précédent et n’a jamais osé lui déclarer sa flamme.
Et s’il se décidait enfin à le faire, avant qu’il ne soit définitivement trop tard ?
Les voix enthousiastes qui se sont fait entendre sur les blogs et le nom prestigieux de l’auteur, Julia Strachey (nièce de Lytton Strachey, elle-même publiée en 1932 par Virginia et Leonard Woolf) ont fait que je n’ai pas hésité une seconde lorsque j’ai trouvé Drôle de temps pour un mariage chez mon bouquiniste.
Je serai bref : je suis passé totalement à côté de ce roman. Je n’y ai pas trouvé ce fameux humour anglais, à la causticité élégante, ni cette dénonciation ironique des convenances, auxquels je m’attendais.
Dès les premières pages, j’ai été saoulé par les va et vient des personnages. C’est clairement l’intention de l’auteur, sauf que mon agacement a pris le pas sur le reste. D’autant qu’il s’est vu décupler par le personnage de la mère, trop excentrique à mon goût, et une histoire abracadabrantesque d’abat-jour qui a fini de m’exaspérer.
J’ai tout de même poursuivi ma lecture dans l’espoir que mon salut vienne de Joseph. Peine perdue.
Je suis pourtant ordinairement friand de ce genre de littérature, dans la droite veine de Katherine Mansfield ou d’Elisabeth Taylor, par exemple. Je vais donc mettre cet échec cuisant sur le compte de mauvaises dispositions.
Mieux vaut donc se fier aux avis enchantés de mes “consœurs” :
Manu : « Tout ce roman est un véritable délice de quiproquos et d’actes manqués, que les amateurs de romancières anglaises savoureront. »
Cathulu : « On arrive, un peu étourdi à la fin du roman, mais pleinement satisfait d’avoir découvert un petite merveille qui fut publiée pour la première fois en 1932 par Virginia Woolf et son mari, et a conservé toute sa fraîcheur acide. Un livre qui a filé directement sur l’étagère des Indispensables ! »
Chiffonnette : « Bien que je l’ai trouvé un peu rapide, j’ai pris un grand plaisir à cette lecture et aux gags qui se succèdent sans temps mort, à l’amertume qui affleure laissant le lecteur un peu essoufflé mais enchanté de cette virée dans la campagne anglaise. »
Drôle de temps pour un mariage, de Julia Strachey
(Cheerful Weather for the Wedding) - Traduction de l’anglais (Royaume-Uni) : Anouk Neuhoff
Quai Voltaire Éditions (2008) – 116 pages





Commentaires
Je l’ai noté, ton avis me fait hésiter.Pour Virginia Woolf je me dois d’essayer
Malgré ton avis plus tiède, j’essaierai quand même. Je serai moins déçue s’il ne me plaît pas ..
Bon ben au moins c’est clair, je ne m’y arrêterais pas. Et puis les abat-jours, c’est pas ma passion !
ah ah ah je connais ! Je veux dire que je connais cet engouement où on se jette avide sur un bouquin et PAF! grande baffe ! C’est très frustrant ! Je vois que l’on passe tous par là… J’irais même jusqu’à dire : ah ah ah je ne suis pas la seule à me manger des bides et ça réconforte ! Oui je sais je ne devrais pas me réjouir…

Comme il est court, je l’ai lu mais ne sachant pas quoi en dire je n’en ai pas parlé sur mon blog…J’ai peur d’être passée à côté . Les chamailleries des gamins m’ont ennuyée à la longue. Déçue. Sans doute m’attendais je à autre chose.
Maintenant, je crains de lire Virginia Woolf…
Aristocratie anglaise, mariage, années 30, … Moi aussi je m’attendait à adorer et pourtant j’ai trouvé cela complètement plat. Lu et aussitôt oublié. J’avais aussi été attiré par le lien avec Strachey et Woolf, mais rien de ce niveau-là dans ce roman.
c’est ralant de passer à côté d’un livre que tout le monde semble apprécier… (enfin moi je ne connaissait pas…)
@ Théoma : à part le fait qu’elle (ou Léonard) ait choisi de le publier, je n’ai pas trouvé d’accointances entre ce livre et ceux de V. Woolf
@ Aifelle : et en rabassant ainsi le niveau de tes espérances, tu risques de l’apprécier grandement. C’est pas génial, ça ?
@ Bladelor : surtout que celui-là en plus, d’après ce que j’en ai déduit, doit être particulièrement laid
@ Bon Sens : ah oui, t’es comme ça toi, à te réjouir du malheur des autres ? :-D Ce genre de déconvenue m’est arrivée si fréquemment au cinéma que j’ai depuis longtemps cessé d’y aller…
@ Keisha : s’il n’y avait que les chamailleries des jeunes cousins…Le roman est particulièrement court effectivement, presque une nouvelle, mais cela ne m’a empêché de trouver le temps long.
@ Voyelle & Consonne : s’il y en a un qui ne tient pas ses promesses, c’est bien celui-là. A moins, comme l’a également suggéré Keisha, d’être passé complètement à côté… Mais de constater, grâce à vos commentaires, que je ne suis pas le seul, me réconforte.
@ Yueyin : c’est d’autant plus injuste - et incompréhensible - que tous les ingrédients étaient réunis pour que celui-ci me plaise…
C’est dommage que tu n’as pas accroché mais c’est vrai que Elizabeth Taylor est bien au-dessus, pas à dire !
@ Manu : j’ai vainement cherché le côté caustique, l’humour grinçant qui fait toute la saveur de ces histoires que j’aime habituellement…
Dommage ! Ce livre est dans ma Pal, donc je vais quand même le découvrir. J’espère que je ne serais pas déçue.
@ Lilly : en comptabilisant les avis postés dans les commentaires, on en est à 4 positifs contre 3 mitigés. Tout n’est donc pas perdu (et puis il est trop tard pour tergiverser : il est déjà dans ta PAL !)
C’est vrai que si tu cherchais de l’ironie dans ce livre, elle est plutôt amère… Je viens de le finir, et pour ma part, j’ai complètement été conquise !
@ Lilly : en fait, je ne sais pas trop ce que j’y cherchais, mais au final, je n’y ai pas trouvé grand chose d’autre que l’envie d’en finir au plus vite. A bien y réfléchir, je pense que tous les micro-événements (les cousins qui se chamaillent, l’hystérie autour de l’abat-jour…) qui viennent parasiter l’intrigue principale entre Dolly et Joseph m’ont agacé. J’en profite pour mettre ici un lien vers ton billet.