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Bonne ? année



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© Javier Guerrero (site)




Il y a belle lurette que je ne crois plus au Père Noël, pas plus qu’aux miracles.
Combien de fois j’ai souhaité une bonne année à des personnes qui ont vécu au cours des mois suivants l’un des pires moments de leur vie ou, comble de l’ironie, sont passés de vie à trépas…

Vous me direz, c’est l’intention qui compte.
Et puis ça ne mange pas de pain. Il en va des voeux de nouvelle année comme du sport : l’important, c’est de participer. Sous peine de passer pour un affreux jojo, sale et méchant.

Alors, je vais me plier, moi aussi, à la tradition et vous souhaiter la meilleure des années.
Qui sait si ça ne pourrait pas se réaliser ne serait-ce qu’une fois…






P.S. : vous l’aurez peut-être remarqué, je ne suis pas très présent ces temps-ci. Ces dernières semaines, une accumulation de complications familiales et professionnelles m’accapare plus que je ne le souhaiterais, ne me laissant que peu de “temps de cerveau disponible”.
Je ne pourrai pas cette année passer chez les uns et les autres pour répondre individuellement à vos voeux. J’espère que vous ne m’en tiendrez pas (trop) rigueur.


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So long sucker © Rita Gomes (Wasted Rita)

Nous deux, garçons enlacés WHITMAN, Walt - Feuilles d'herbe

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We Two Boys Together Clinging, 1961 © David Hockney





We two boys together clinging,
One the other never leaving,
Up and down the roads going, North and South excursions making,
Power enjoying, elbows stretching, fingers clutching,
Arm’d and fearless, eating, drinking, sleeping, loving.
No law less than ourselves owning, sailing, soldiering, thieving,threatening,
Misers, menials, priests alarming, air breathing, water drinking, on the turf or the sea-beach dancing,
Cities wrenching, ease scorning, statutes mocking, feebleness chasing,
Fulfilling our foray.

Walt Whitman, We Two Boys Together Clinging (Leaves of Grass-Book V)







Nous deux, garçons enlacés,
Nous ne nous quittons jamais,
Nous parcourons toutes les routes, explorons le Nord et le Sud,
Nous aimons la puissance, nous jouons des coudes, serrons le poing,
Armés et courageux, mangeant, buvant, dormant, aimant,
N’admettant de loi que la nôtre, naviguant, combattant, volant, menaçant,
Nous inquiétons l’avare, le valet, le prêtre, nous inspirons l’air, et buvons l’eau,
nous dansons sur l’herbe et sur la plage,
Nous arrachons les cités de terre, méprisons l’aisance, nous nous moquons des lois, nous chassons la faiblesse,
Et nous allons jusqu’au bout du saccage.

Walt Whitman, Nous deux, garçons enlacés (Feuilles d’herbe-Livre V - Traduction : Alain Suberchicot)

« Juste un mauvais moment à passer dans une vie de mauvais moments ça se remarque pas. » MORGIEVE, Richard - Cheval

cheval-morgieve Un cheval, des chevaux.
Un Cheval, des Cheval. Plus exactement deux Cheval.
Car chez les Cheval, il n’y a plus que le père et le fils. La mère est partie il y a des années de ça.

Chez les Cheval, on est forains de génération en génération, depuis 1897.
Sur le manège des Cheval, il n’y en a pas… de chevaux. Le père les a troqués contre des soucoupes volantes, plus modernes et plus futuristes.
Quand ils ne sont pas sur les routes à la recherche d’un coin où installer leur manège, les Cheval restent à Saint-Ambert, dans ce qui tient plus de la ruine que de la maison (à tel point, qu’ils couchent dans une caravane !), à côté de la décharge communale et pas loin du campement gitan.
« On a rien on est pauvre pas de mère pas de femme pas de fric pas de douche pas de lit, je sais bien qu’on arnaque qu’on vole, je sais qu’on est assez bêtes je sais tout ça mais j’ai le droit de demander de l’aide, de demander le coup de bol (…) »

C’est que le manège, ça nourrit pas son homme, ma bonne dame. Alors on se débrouille ; le père Cheval vivote de la revente de métaux, récupérés le plus souvent frauduleusement, et de la gruge aux aides sociales en faisant passer son fils pour plus jeune qu’il est, de façon à toucher les allocs.
D’ailleurs, quand on lui pose la question, Cheval fils est bien en mal de dire l’âge qu’il a exactement. C’est comme les cours de la bourse, ça fluctue selon les circonstances.
« On vit comme on peut, faut se débrouiller ici à Saint-Ambert j’ai quatorze ans à cause de l’école et des aides de la mairie pour les adolescents scolarisés, à la Préfecture qui balance un gros pactole pour les attardés mentaux j’ai douze ou treize ans je sais plus et sur la route j’en ai dix-huit à cause du permis, il y aurait une aide pour les barbus culs-de-jatte de vingt-cinq ans je serais barbu et j’aurais des béquilles. »



Avec ces Cheval-là, on est plus dans la bête de somme que dans le pur-sang.
C’est une drôle d’équipe que ce père et ce fils , le premier aussi taciturne que l’autre est gouailleur ; deux êtres un peu frustes, poursuivis par la guigne, vivant à la marge du village qui voit d’un mauvais œil ces deux magouilleurs à la sale réputation. Qui plus est, dans cette France des années 60, le fils Cheval, avec son teint basané, est plutôt en délicatesse avec les partisans de l’Algérie française.

Ils forment un duo quasi fusionnel (jusque sur leur vélo… qui est en fait un tandem !) mais s’ils sont inséparables, c’est par la force des choses, pas par choix. Et le fils Cheval, il n’en peut plus de ce père toujours collé à ses basques. Il rêve de prendre son indépendance, fuir cette vie de m** et vivre sa vie comme un grand, comme il l’entend, espérant qu’une fois au moins la vie lui sourie.
« (…) si j’avais pas de père j’aurais du bol. Les orphelins je les envie, ils gagnent le tiercé à tous les coups. Moi avec mon père je fais quoi ? »
« Pour vivre tout son content faudrait pas avoir de père, le père a été inventé en même temps que Dieu pour que jamais le fils n’ait de répit et qu’on le recloue sans cesse au manège. »

Et plus que tout, le jeune Cheval fougueux veut coucher ! Car il a beau ne pas connaître exactement son âge, ses hormones le travaillent. C’est tout juste s’il ne pense plus qu’à ça.
Mais s’émanciper, couper le cordon, tuer le père n’est pas aussi facile qu’il le voudrait.
« (…) je peux plus voir mon père vivant et je veux pas le voir mort, je veux plus de nous deux et au fond je ne suis rien sans lui, c’est comme des mathématiques sans solution. On est les deux jambes les deux têtes du dernier Cheval, le dernier Cheval à deux corps mais un seul destin, péricliter. C’est pas que j’en ai assez, c’est que j’en ai trop (…) »



Dans un style tout à la fois poétique et prosaïque, qui joue avec l’oralité, la ponctuation et la typographie, Cheval de Richard Morgiève dépeint les relations ambiguës d’un père qui ne s’est jamais remis du départ de sa femme et de son fils en route pour l’âge adulte.
Un portrait tendre et trivial, un brin mélancolique, de deux cabossés de la vie, qui ne sont pas de si mauvais bougres et savent se montrer touchants.

Dans Un livre, un jour (22/01/2009 ), Richard Morgiève s’entretient de Cheval, avec Olivier Barrot.
Le site des éditions Denoël donne à lire les premières pages du roman (disponibles également en annexe de ce billet).



Ce qu’ils en ont pensé :

Benzine : « Ambiance sixties (mais loin de « salut les copains »), portraits de marginaux et de débrouillards d’il y a 50 ans (mais qui résonnent furieusement contemporains dans notre Hexagone actuel), passages triviaux et magnifiques tout à la fois, Richard Morgiève ose un romanesque du bidonville, comme un Mark Twain français qui s’attacherait à sonder les maux sociaux inaltérables selon les époques. »

Yves : « L’atmosphère décrite par Richard Morgiève, son écriture parfois légère, parfois lourde, toujours à la limite de la vulgarité -d’aucuns jugeront même qu’il a passé cette limite- et sa manière de mener ses héros, eux-mêmes tout à la fois légers, lourds et vulgaires, mais finalement malgré leurs défauts, assez attachants et touchants, valent qu’on s’arrête un moment pour un tour de manège. »

Et sur Babelio.

Cheval, de Richard Morgiève
Denoël (2009) - 233 pages

Un jour, je trouverai les mots justes... KEROUAC, Jack - QDM? #20

kerouac(c)Ginsberg


One day I will find the right words

and they will be simple

Jack Kerouac

It’s beyond my control DEL AMO, Jean-Baptiste - Une éducation libertine

education-libertine-del amo Quand il débarque de son Quimper natal en cet été 1760, Gaspard trouve Paris écrasée sous une canicule étouffante qui exalte les remugles nauséabonds de la ville.
La capitale macère dans une puanteur poisseuse : exhalaisons fétides des corps souillés, miasmes putrides des ruelles insalubres, relents pestilentiels d’une Seine charriant ordures et cadavres dans ses eaux boueuses.
« Paris, nombril crasseux et puant de France. Le soleil, suspendu au ciel comme un œil de cyclope, jetait sur la ville une chaleur incorruptible, une sécheresse suffocante. Cette fièvre fondait sur Paris, cire épaisse, brûlante, transformait les taudis des soupentes en enfers, coulait dans l’étroitesse des ruelles, saturait de son suc chaque veine et chaque artère, asséchait les fontaines, stagnait dans l’air tremblotant des cours nauséabondes, la désertion des places.
Dans cette géhenne, la chaleur de l’été collait aux visages comme un masque, drapait les corps de feu, tuait les bêtes qui tentaient de survivre en quelque coin d’ombre, suffoquait les femmes aux poitrines poisseuses. Les glandes sudorales déversaient par flots leurs humeurs. Jaillies d’aisselles velues, elles s’écoulaient des fesses aux flancs puis sur les jambes. Fondue comme du beurre sur les fronts, la sueur piquait aux yeux, répandait son sel aux bouches haletantes. La crasse s’écoulait comme un sédiment, marquait les plis aux articulations de traces noires. On s’éventait avec un rien, un vieux chiffon, une gazette, une main. On soulevait, ce faisant, le remugle aigrelet des corps transpirants. La puanteur de l’un se mêlait à la puanteur de l’autre quand déjà les corps ne se frottaient pas, mélangeant leurs sueurs respectives. Cette pestilence gonflait les haillons, les vêtements de peu couvrant un reste de pudeur, montait paresseusement dans l’air stagnant, fleurissait, envahissait la ville entière.
Cette odeur d’homme flottait et rendait l’horizon incertain, c’était l’odeur même de Paris, son parfum estival. Paris suait, ses aisselles abondaient, coulaient dans les rues, dans la Seine. Paris, hébétée par cette incandescence, offrait ses chairs grasses à la liquéfaction. Dans l’imbroglio de ses entrailles, la foule haletait, avalait par goulées l’air corrompu, se traînait sans conviction le long des avenues, s’adossait contre la pierre tiède des ruelles, s’engouffrait dans l’orifice des culs-de-sac. Les étals eux-mêmes étaient ébahis de chaleur : les fruits flétris, les viandes et les poissons verdâtres, les légumes rabougris. Sur les amoncellements épars, le bruissement des mouches ignorait le geste las d’une marchande qui claquait un chiffon avant d’éponger son front, puis soulevait ses jupes pour aérer son entrecuisse moite. Une main se glissait dans la superposition des tissus pour gratter l’irritation de la peau. Elle ressortait brillante, musquée, se levait sans conviction pour interpeller un passant, tâtait les fruits, s’essuyait en remuant un sac de blé, déplaçait l’air chaud d’un geste de mépris quand l’autre continuait son chemin sans même un regard. »



Le jeune breton semble indifférent à toute l’abjection qui l’entoure : il a abandonné la ferme familiale et ses porcs, un père violent et une mère impotente pour venir à Paris se faire une place dans la haute société.
« Il se remémorait aussi le bruit des cochons entassés dans la porcherie attenante à la maison, le grognement des porcelets agglutinés entre les truies, l’amoncellement de chair maculée de purin, le clapotement des groins remuant la boue mêlée de déjections, le frottement des peaux couvertes de soies longues, l’odeur, l’odeur acide jusqu’à la nausée, imprégnant les murs de la maison, les cheveux de sa mère. Sa mère puait la truie. »

Sans un sou en poche, Gaspard erre dans les rues, mendie de quoi manger, dort dans des abris de fortune. Il ne doit qu’à la bienveillance de Lucas d’être embauché, comme lui, à débarder du bois. Il passe alors ses journées presque entièrement immergé dans l’eau sale de la Seine, le corps dévoré par les sangsues, et s’évertuant à ne pas se faire occire par les troncs charriés à pleine vitesse par le fleuve.
Retrouver la fange de la porcherie qu’il pensait avoir laissée derrière lui à Quimper n’est pas ce que Gaspard espérait en se rendant à Paris.
Avec la plus parfaite ingratitude, il abandonne Lucas et la Seine. C’est sur la rive gauche, plus cossue, qu’il compte désormais concrétiser ses ambitions.

Le hasard lui fait croiser le chemin de Justin Billod, perruquier de son état, qui va lui proposer un poste d’assistant en même temps qu’une couche dans sa cave insalubre.
La jeunesse et la beauté du breton séduisent sans mal la clientèle. En toute discrétion, Gaspard écoute et observe ; il apprend les ragots, s’informe des inimitiés et des jalousies mesquines qui régissent cette bourgeoisie à laquelle il rêve de se fondre.
S’il se réjouit de la popularité nouvellement acquise par sa boutique grâce à Gaspard, le perruquier ne prend pas moins ombrage de l’attrait que son assistant exerce à ses dépends sur la gente féminine… et masculine. C’est d’ailleurs par l’entremise du comte Etienne de V., client de la boutique, que Gaspard va enfin pouvoir toucher son rêve du doigt.
« Il sourit puis, contre toute attente, leva une main, la posa sur la joue de Gaspard. Les doigts parcoururent l’arête de la mâchoire, du lobe de l’oreille au menton, et le tissu du gant crissa sur la barbe naissante. « Alors, dans ce cas, que désirez-vous ? demanda-t-il avec une sollicitude retrouvée. – Devenir comme vous, monsieur », répondit aussitôt Gaspard. Il se reprocha son empressement. Étienne l’avait poussé dans ses derniers retranchements, et il le suppliait. L’index s’arrêta sur son menton, y imprima une pression. La rue autour d’eux avait disparu. Le halo de la bougie frémit sur leurs visages. « Oh, constata Étienne après un silence, devenir moi. » Gaspard était suspendu à ces paroles, relié par ce doigt sur son visage, à quelques centimètres de ses lèvres. »
L’homme, libertin notoire, va initier le jeune garçon aux plaisirs décadents de la noblesse, de la crasse des bordels les plus sordides aux ors des dîners les plus prisés de la capitale. Mais bientôt, le comte de V. se lasse.
« Allons, n’as-tu pas eu ce que tu voulais ? dit-il. Ne m’en veut pas. J’ai grandi dans ces campagnes froides et ces maisons austères, dans une succession de salons et de parties de cartes. Je n’ai jamais rien désiré. Je n’ai jamais eu le temps de désirer. Chacune de mes attentes est comblée avant même que je ne l’éprouve. Tu souhaitais connaître la noblesse ? La voici. La noblesse, c’est l’ennui et tan de fantômes naissent de l’ennui. Des envies, il faut m’en créer pour me sentir vivant. Mais sitôt consommées, elles m’ennuient à nouveau. De tout temps c’est l’ennui qui me ronge, un profond, un sempiternel ennui me dévore comme une gangrène. Et déjà je m’ennuie de toi. » Gaspard éprouva l’abysse qu’il couvait de son ventre. Il ne parvint pas à prononcer un mot pour retenir le comte qui se dirigeait vers l’escalier, cet air d’affliction toujours peint sur ses traits. Puis alors qu’il posait un pied sur la première marche, Étienne se tourna : « Tu sais désormais ce en quoi tu excelles. »

Abandonné à son tour, Gaspard ne peut compter que sur ce qu’il aura appris du comte de V. pour poursuivre sa conquête sociale.
« Il fallait arriver, et vite. »
Sans aucun scrupule ni le moindre sens moral, il use alors de ses charmes pour séduire des hommes toujours plus haut placés dans la société parisienne.
« Il fondait sur les hommes l’espoir d’être un jour parvenu, car c’était à ce jeu-là que s’échinait la race : monter, gravir, écraser, abattre, déposséder, s’emparer, régner. (…) Les hommes ne sont que des barreaux de l’échelle, il faut y poser le pied pour s’élever, se dit Gaspard. Il fut fier de sa métaphore. »
Pour autant, un fils de porchers bretons, même endimanché dans ses plus beaux habits et rompu aux bonnes manières, peut-il prétendre appartenir un jour à cette aristocratie qui le fascine tant, mais qui le méprise tout autant ?



Coïncidence, hasard… C’est juste après avoir lu Je, François Villon de Jean Teulé que je me suis décidé à exhumer enfin de ma PAL Une éducation libertine, de Jean-Baptiste Del Amo.
Dans leur description ultra-réaliste d’un Paris peu ragoûtant, les romans de Teulé et Del Amo présentent de nombreuses similitudes (bien que leur action soit séparée de trois siècles !). Comme Teulé, Del Amo place son lecteur d’emblée dans les pas de Gaspard, le plongeant sans ménagement dès les premières phrases dans la touffeur répugnante de la capitale. Évoquées avec réalisme et minutie, les odeurs assaillent littéralement le lecteur.
Difficile alors de ne pas faire le rapprochement avec Le parfum de Süskind. Comparaison tout à l’avantage de Del Amo selon moi, éclipsant sans peine son aîné qui m’avait laissé de marbre avec un récit ennuyeux au possible.

Süskind n’est d’ailleurs pas la seule référence qui vient à l’esprit à la lecture d’Une éducation libertine. On pense à Maupassant et Balzac tant il y a de Rastignac ou de Bel Ami chez Gaspard. Il y aussi du Faust dans ce jeune homme prêt à vendre son âme pour arriver à ses fins et qui se rendra compte, avec dégoût mais trop tard, que la dépravation qu’il inflige à son corps est responsable de la perversion de son âme. Enfin, le comte de V. renvoie de façon à peine déguisée au Valmont de Choderlos de Laclos.
En plaçant son roman sous le signe de figures littéraires si prestigieuses, Del Amo place haut la barre et s’astreint à un style soigné au classicisme assumé : la langue est élégante, riche et érudite ; les accents baroques et précieux, la sensualité le partageant à la réalité la plus crue.

Construit en quatre parties, Le fleuve, Rive gauche, Rive droite, La Seine, ce roman d’apprentissage ne se résume heureusement pas qu’à un simple exercice de style, aussi brillant soit-il.
De l’ascension à la déchéance, le parcours de Gaspard, arriviste amoral pour le moins antipathique, est captivant de bout en bout. La galerie de personnages secondaires participe également à faire d’Une éducation libertine un premier roman remarquable, du généreux Lucas au médiocre Billod, en passant par Emma, prostituée au grand cœur, le pathétique baron de Raynaud ou la clairvoyante Adeline d’Annovres… sans oublier, Paris, personnage capital(e) à part entière.



Ce qu’ils en ont pensé :

Aurore : « Véritable plongée dans un XVIIIe siècle plein de bruits et d’odeurs, ce premier roman de Jean-Baptiste Del Amo, sur la liste du Goncourt au premier coup d’essai, nous surprend par sa richesse et ses descriptions d’un Paris de luxure, de crasse et de violence. »

eSsel : « Un très bon roman, époustouflant par sa maîtrise du verbe, de la progression, de l’analyse des sentiments et surtout des sensations, un jeune auteur à suivre. »

Flora : « Et même si sa lecture est plutôt aisée, j’avoue que j’ai eu du mal à finir ce texte plutôt dense mais ô combien riche, d’idées et d’odeurs. (…) Finalement, j’ai avancé dans ma lecture par curiosité de connaître le destin de Gaspard, d’abord ouvrier misérable, employé d’un perruquier à la faveur du hasard, prostitué et finalement… »

Isil : « Une éducation libertine est un roman que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire donc, qui pourtant me laissera une impression, forte certes, mais assez imprécise, impression plus due à l’ambiance qu’à l’intrigue au final peu développée. Del Amo est pourtant un jeune écrivain à suivre. »

Kalistina : « J’ai eu la sensation de lire avec ce roman ce qui pourrait bien être un classique de demain. Un chef d’œuvre à mon sens. »

Karine : « Je reconnais que la plume est soignée, originale et qu’elle m’aurait beaucoup plu si elle ne m’avait pas levé le cœur à toutes les 10 lignes. Un roman intéressant, dont j’ai apprécié la finale, tout particulièrement, mais auquel j’ai quand même trouvé quelques longueurs. Pour les lecteurs au cœur bien accroché. »

Lau : « J’ai aimé voyager dans les profondeurs de Paris et de l’âme. Roman très fort qui ne laisse pas indemne. Roman qui dérange mais qu’on ne peut qu’admirer. »

Laurent : « Il est vrai que le sujet n’est pas neuf, mais la griffe de l’auteur est bien là, avec son style et son monde. »

Liliba : « Un livre à lire, qui ne peut je crois laisser indifférent, et qui me semble être une très belle description de la vie de cette époque. »

Lou : « J’attendais peut-être un peu trop de ce roman mais Jean-Baptiste Del Amo est sans aucun doute un écrivain prometteur que je serais curieuse de relire un jour. Et, malgré mes réserves, Une éducation libertine est un bon roman, voire plus encore. »

Mazel  : « Roman d’apprentissage, Une éducation libertine retrace l’ascension et la chute d’un homme asservi par la chair. »

Nanne : « Nul lecteur ne pourra s’empêcher de faire le rapprochement avec « Le ventre de Paris ». A la différence que les halles ne sont pas la toile de fond de ce roman intense, touffu, fouillé parfois jusqu’à l’overdose, mais plutôt les bordels de bas étage, la fange, la lie de la société du 18e siècle. »

Pascal : « Que dire de cet ouvrage, si ce n’est qu’au delà de toutes ces descriptions morbides et répugnantes, on ne peut plus lâcher ce roman tant le style y est éclatant et la narration captivante ? Une fois ouvert ce livre, impossible de se détacher de Gaspard et de ne pas suivre son parcours au sein de cette grouillante fourmilière parisienne dans le but de s’arracher à ce magma d’immondices qui l’étouffe. »

Pierre Maury : « L’éducation est ici celle, et uniquement celle, de l’argent et du pouvoir – pouvoir illusoire en un temps où le pays vacille sur ses bases. Les philosophes mettent en doute bien des certitudes. La Révolution n’est plus très loin. En attendant, Paris pouilleux danse une funèbre farandole, emporté dans un délire comparable au fleuve malsain qui infecte plus qu’il nettoie. »

Plaisirsacultiver : « Une éducation libertine est une extraordinaire fresque sur un jeune arriviste nauséabond dans un Paris proche de Sodome et Gomorrhe. »

Voyelle et Consonne : « Pour son premier roman, Jean-Baptiste Del Amo marche dans des sentiers balisés – le roman d’initiation dans un cadre historique – mais il parvient dès les premières pages à imposer une écriture sensuelle, très travaillée et néanmoins prenante. »

Yspaddaden : « En ignorant les tentations de l’autofiction auxquelles cèdent bien des premiers romans, Del Amo signe la victoire du romanesque le plus flamboyant sur le nombrilisme germanopratin. Et réjouissons-nous : il n’a que vingt-six ans ! »

D’autres avis sont recensés sur Babelio.

Une éducation libertine, de Jean-Baptiste Del Amo
Gallimard (2008) - 431 pages

Anders als die Andern* DUFRANNE, Michel & VICANOVIC-MAZA, Milorad - Triangle rose

triangle-rose Ce n’est pas un arrière-grand-père aimant, complice et bienveillant comme on aime les imaginer, qui reçoit son petit-fils et ses amis en cette après-midi.
Le petit groupe de lycéens, venu recueillir pour leur devoir d’histoire son témoignage sur son internement en camp de concentration, est accueilli pour le moins froidement par un vieillard acariâtre, peu enclin à se replonger dans son passé.

À la lumière de son récit, on ne peut guère lui tenir rigueur de se montrer à ce point amer.



Berlin, 1930. Andreas est le jeune dessinateur talentueux et prometteur d’une agence de publicité.
En soirée, il retrouve volontiers ses amis dans les bars de la ville. Dans la capitale allemande, carrefour international du milieu homosexuel de l’époque, Andreas vit son homosexualité ouvertement sans que cela choque quiconque dans sa bande de joyeux lurons.
Mais la montée en puissance du nazisme aura raison de l’insouciance de ces jeunes : arrive pour eux le temps des choix intellectuels, politiques et moraux ; chacun doit prendre position, s’engager ou se résigner.

Quand Hitler déterre le paragraphe 175, article du Code pénal instauré en 1871 déclarant contre-nature et punissable d’emprisonnement tout acte sexuel entre personnes de sexe masculin ou entre des êtres humains et des animaux (!), commence une chasse aux pédés qui verra des dizaines de milliers d’homosexuels allemands arrêtés, emprisonnés et déportés en camp de concentration.
Une lettre anonyme faisant état de ses préférences sexuelles vaut à Andreas d’être convoqué au poste de police. Relâché, il sera dès lors dans le collimateur des autorités. S’ensuivront menaces et intimidations à son encontre et celle de son employeur qui n’a aucun état d’âme pour le virer du jour au lendemain.
Arrêté une nouvelle fois sur dénonciation de la concierge de son immeuble, Andreas est cette fois envoyé en prison. Malgré les mauvais traitements de ses geôliers et le viol dont il est victime, il refuse de dénoncer d’autres homosexuels de sa connaissance. Son obstination l’enverra en déportation.

À la fin de la guerre, Andrea fait partie des quelques miraculés qui ont survécu aux camps.
Pour autant, sa libération ne signifie pas pour lui la fin du cauchemar. Dans l’Allemagne de l’après-guerre, il est doublement humilié : en tant que prisonnier de droit commun, il ne peut prétendre à aucune réparation pour son internement, pas plus qu’au respect réservé aux seuls prisonniers de guerre qui se sont battus pour leur pays.



Je suis tombé sur cette BD par hasard, alors que je cherchais en rayon pour offrir à un ami un autre titre… que je ne risquais pas de trouver puisqu’il ne devait sortir que quelques semaines plus tard !

Avant toute chose, il faut reconnaître à Triangle rose le mérite de rendre compte de la déportation des homosexuels pendant la seconde guerre mondiale et ce, dans un format qui le rend accessible au plus grand nombre. De même qu’il rappelle utilement que les premières victimes du nazisme ont été les Allemands eux-mêmes.

Un parti-pris intéressant de cette BD est d’atténuer la victimisation d’Andreas en en faisant un jeune homme peu conscient du danger de la “peste noire” et, plus tard, un vieillard peu sympathique (même si son animosité envers le groupe d’adolescents peut sembler discutable).
Les dessins de Milorad Vicanovic-Maza sont agréables à l’œil, bien que j’aie eu pas mal de difficulté au début de l’histoire à distinguer clairement les différents amis d’Andreas les uns des autres. Le contraste entre les planches en couleurs et celles aux tons sépia restitue parfaitement l’opposition entre le temps présent et les souvenirs du vieillard, entre l’insouciance et l’horreur.

Malgré tout, au final, je n’ai pas été totalement convaincu par cette histoire trop didactique et démonstrative à mon goût, qui pèche, du coup, par excès de froideur et de distance. Sans pour autant tomber dans la mièvrerie, Triangle rose aurait gagné à être plus riche en émotion.
Autant de raisons qui font que, sur un thème et une structure narrative similaires, j’ai préféré l’ouvrage de Luca De Santis et Sara Colaone, En Italie, il n’y a que des vrais hommes.



Toutefois, au-delà de ces réserves, il n’en demeure pas moins que Triangle rose est un album d’utilité publique puisqu’il perpétue le souvenir de ces déportés de “seconde zone”. Un devoir de mémoire d’autant plus nécessaire que Rudolf Brazda, dernier Triangle rose survivant connu, est décédé le 3 août dernier.

Quelques planches sur le site web de l’éditeur.
Babelio répertorie quelques critiques professionnelles.

(*) Anders als die Andern (Différent des autres), film allemand de Richard Oswald (1919).
Un des tout premiers films à défendre la cause homosexuelle, il dénonce le paragraphe 175 (source).


Triangle rose, de Milorad Vicanovic-Maza, Michel Dufranne et Christian Lerolle
Soleil Production / Collection Quadrants Astrolabe (2011) - 152 pages

Ouvrez, ouvrez la page aux oiseaux

J’ignore si les oiseaux sont de grands lecteurs, amoureux des beaux textes.
Les auteurs, eux, manifestent un penchant certain pour les volatiles : Cocteau et son aigle à deux têtes, Khadra et ses hirondelles de Kaboul, Harper Lee et son oiseau moqueur, Kesey et son nid de coucous, Baudelaire et son albatros, Shanghvi et ses flamants de Bombay, Hammett et son faucon maltais, Tchekhov et sa mouette…. La liste est longue.

Certains auteurs poussent le vice jusqu’à porter des noms d’oiseaux : Bruant Aristide, Merle Robert, Butor Michel ou Sterne Laurence… Sans parler de ceux qui s’en échangent (des noms d’oiseaux) et se volent dans les plumes !



Le designer Dave Vissat, directeur de création dans une agence publicitaire en Pennsylvanie, perpétue à sa façon cette tradition ornitho-littéraire : depuis une dizaine d’années, il crée des nichoirs originaux à partir de vieux livres.
L’idée de ces objets « littéraires » lui est venue alors qu’il fabriquait un nichoir pour sa mère. Au moment de réaliser le toit, il s’est trouvé à court de bois et a contourné le problème en utilisant un vieux livre.

Depuis, il intègre à ses créations uniques, fait-main, textes et illustrations. Il court les marchés aux puces et les bibliothèques en quête de vieux livres abimés dont il scanne les couvertures, qu’il imprime ensuite et colle sur les parois extérieures du nichoir.
Il parachève ses nichoirs d’un perchoir en forme de clin d’œil au roman qu’il a utilisé : une cuillère en bois pour le livre de cuisine de Julia Child, une cuillère à miel pour Winnie l’ourson, un petit balai de branchages pour le Magicien d’Oz…


COOKBOOK_BIRDHOUSE

Julia Child Cookbook birdhouse © Dave Vissat



MOCKINGBIRDHOUSE

Mockingbird birdhouse © Dave Vissat



POOHOZ_BIRDHOUSES

Pooh and Oz birdhouses © Dave Vissat





Les nichoirs de Dave Vissat sont commercialisés à cette adresse.

Un détail : pour des raisons évidentes de solidité, ces nichoirs sont réservés à la décoration et ne peuvent être installés en extérieur.

« Le mariage peut-il nous sauver la vie ou n’est-ce que le début d’un long double homicide ? » ROSS, Adam - Mr. Peanut

peanut-ross Créateur de jeux vidéo à succès, David Pepin est marié depuis treize ans à Alice, avec laquelle il forme un couple apparemment sans histoires.
Seul point d’achoppement entre les époux : les régimes successifs d’Alice, qui la plongent dans de sévères phases de dépression. Invariablement, à l’euphorie initiale succède l’accablement quand il devient évident que ses efforts sont restés vains.
La frustration de ne pouvoir freiner son obésité rend Alice susceptible. Elle s’emporte pour un rien contre David, déclenchant des disputes mémorables au sein du couple.

En ce qui concerne David, l’obésité d’Alice ne lui a jamais posé aucun problème. Il aime profondément sa femme.
Du moins le croit-il car il s’est pris récemment à rêver de plus en plus souvent à sa mort : finies les périodes de crise ; il trouverait enfin le calme nécessaire pour mettre enfin un point final au roman qu’il peine à terminer.

Quand Alice est retrouvée morte au domicile conjugal après avoir ingéré des cacahuètes - elle qui s’y savait hautement allergique -, les soupçons se portent naturellement sur David qui apparaît comme le suspect idéal.



Responsables de l’enquête, les inspecteurs Sheppard et Hastroll cuisinent David, et dissèquent le mariage Pepin afin d’y trouver la faille qui confirmerait la culpabilité du mari.
« Un meurtre ramène l’individu à l’essentiel, estimait Hastroll. Il réduit sa personnalité à ses désirs les plus élémentaires.
Les femmes par exemple tuent presque toujours leurs maris pour se défendre. C’est un fait avéré. Il y a des exceptions bien sûr, mais neuf fois sur dix, quand une femme a abattu, empoisonné ou poignardé son mari, vous avez affaire à un homme qui, d’une façon ou d’une autre, l’a mérité. »
Les hommes, eux, tuent en général leur épouse pour l’une des quatre raisons suivantes : l’argent, le sexe, la vengeance ou la liberté. Les trois premières ne nécessitent aucune explication, elles sont si courantes qu’elles constituent une sorte de check-list lorsqu’un inspecteur découvre une femme mariée tuée dans son appartement. (…)
Mais la liberté, en revanche, est un motif d’assassinat à la fois très peu commun et particulièrement complexe, même si presque tous les hommes mariés peuvent le comprendre. Et, bien qu’on puisse soutenir qu’à certains égards la liberté sous-tend les trois motifs précédents, qu’elle en est le dénominateur commun, Hastroll savait d’expérience que tuer pour la liberté en tant que liberté représentait tout à fait autre chose.
Les hommes rêvent de nouveaux départs. Pas nécessairement avec une autre femme d’ailleurs. Ils rêvent de recommencer à zéro, de disparaître, de descendre de l’avion lors d’une escale et de se construire une nouvelle vie dans une nouvelle ville. Ils rêvent d’un appartement rien qu’à eux, de silence, de s’engager dans les commandos Delta et d’aller combattre en Irak, de se présenter sous le surnom qu’ils avaient toujours voulu qu’on leur donne. Ils rêvent d’un endroit et d’une époque où ils pourraient utiliser tout ce qu’ils avaient appris et qu’ils ignoraient avant – avant leur mariage, s’entend. Alors ils pourraient être heureux. »

Cet examen approfondi du couple Pepin les renvoie l’un et l’autre à leur propre mariage qui n’est pas à proprement parler un modèle du genre (y en a-t-il un d’ailleurs ?) : avant d’être inspecteur, Sheppard a été un célèbre médecin accusé, puis innocenté, du meurtre de sa femme enceinte, tandis qu’Hastroll se débat dans une relation conjugale conflictuelle, depuis que sa femme a décrété qu’elle ne quitterait plus son lit sous aucun prétexte.



Plaçant son Mr Peanut sous le double signe d’Escher et de Möbius, Ross a construit une intrigue retorse, sur le modèle des célèbres métamorphoses et constructions impossibles de l’artiste néerlandais, qui se referme sur elle-même à l’image du fameux ruban du mathématicien allemand.
Ross met en place un jeu de miroirs diabolique, renvoyant à l’infini des réalités déformées qui s’entrechoquent comme dans une salle des glaces de fête foraine. Cette mise en abyme des trois couples donne le tournis et embarque le lecteur dans une spirale infernale semblable à celle ourdie par Hitchcock, autre figure tutélaire du roman, dans Vertigo.
Ces trois couples, aux parcours spécifiques, vont finir par se confondre comme dans un dessin d’Escher et n’en faire plus qu’un seul. Au lecteur de démêler le vrai du faux, de faire la part des fantasmes et de la réalité.

Sous prétexte d’une intrigue à suspense, Adam Ross passe la vie conjugale à la moulinette et livre sur la complexité des relations maritales un point de vue exclusivement masculin (si l’on excepte la vingtaine de pages réservées à Marilyn Sheppard).
La frontière est mince entre amour et haine, la routine (tout à la fois effrayante et sécurisante), l’incommunicabilité, l’insatisfaction et la lassitude faisant irrémédiablement leur travail de sape
« Cela tient peut-être à la nature duelle du mariage, cette proximité de la violence avec l’amour. »

À l’instar du Maître du suspense, Adam Ross fait de son Mr Peanut un thriller psychologique bourré d’humour noir. L’auteur égratigne avec férocité le jeu des faux-semblants auquel se livrent volontiers ses contemporains (lire un extrait).
« Tout le monde organisait une fête pour le 4 juillet et voulait une maison étincelante comme un diamant pour que les invités imaginent qu’elle était toujours ainsi, qu’au lieu de la petite trace de merde sur le siège des toilettes, ou des poils du chien sur le canapé, ou des caillots mastic de dentifrice dans le lavabo, on pouvait toujours voir son reflet dans les robinets et manger par terre sans souci. Alors les envieux convives se diraient que cette maison était plus propre, plus brillante et plus agréable que la leur, et que par conséquent la vie de leurs hôtes devait être meilleure. »



Dans ce qui pourrait s’apparenter à un ingénieux guide de survie au mariage à l’usage des maris en perdition, Ross montre qu’il suffit souvent de peu pour faire exploser l’équilibre d’un couple.
Roman à la structure ambitieuse mais pas exempt de quelques longueurs préjudiciables, Mr Peanut rappelle si nécessaire que le bonheur conjugal est fragile et qu’il faut savoir rester attentif à l’autre, sous peine de se rendre compte trop tard combien on tenait à lui/elle.


Le site officiel d’Adam Ross.
Adam Ross présente son Mr Peanut.
Lire un extrait de Mr Peanut.


Bond-union-Escher

Bond of union © Maurits Cornelis Escher
Le couple, vu par Escher



Ce qu’ils en ont pensé :

Arnaud : « Adam Ross a signé le meilleur livre que j’ai lu depuis longtemps, donc, pour moi, le plus plaisant, largement de cette rentrée littéraire »

Charlotte : « Ce texte est davantage un formidable passage à la loupe des affres du mariage qu’une simple enquête, ce qui explique sûrement pourquoi la lectrice n’ayant que peu de goût pour les polars que je suis s’est laissée tenter et ce, sans regret. »

Elfique : « A travers la genèse de ces trois mariages, Adam Ross dissèque la dure réalité de la vie de couple, et il est sûr qu’après la lecture d’un tel roman, nos envies de mariage tombent comme un soufflé… »

Hélène : « Chacun pourra se reconnaître dans ces scènes tirées de la vie quotidienne des couples. »

Plume : « Adam Ross, qui signe ici son premier roman, n’a pas fait les choses à moitié ! C’est riche, intense, bien écrit, bien ficelé, recherché et innovant… J’ai hâte de voir ce qu’il nous livrera par la suite mais il a d’ores et déjà placé la barre bien haut ! »

D’autres avis encore sur Babelio.

Mr Peanut, d’Adam Ross,
Traduction de l’anglais (États-Unis) : Jean-Baptiste Dupin,
10/18 Collection Grand Format (2011) - 516 pages

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