kressmann-revent-femmes Après Ainsi mentent les hommes, voici un second recueil de nouvelles signées Kathrine Kressmann Taylor, Ainsi rêvent les femmes, publiées dans diverses revues de 1935 à 1963.


Cinq brèves nouvelles, cinq prénoms en guise de titre, cinq femmes (car même si la dernière nouvelle a pour personnage central un homme, l’auteur n’en dessine pas moins le portrait en creux d’une femme), cinq amours déçus.

La perte d’un amour pour Harriet, la souffrance d’un premier amour non réciproque pour Anna, la solitude et la nostalgie pour Madame, la résignation pour Ellie Pearl.
Kressmann Taylor saisit ces femmes à un stade décisif de leur vie sentimentale. Avec finesse et sensibilité, elle va capturer l’essence de chacune d’entre elles pour en tirer un portrait émouvant.


Mes deux nouvelles préférées sont Anna (First love, 1957) et Ellie Pearl (Girl in a blue rayon dress, 1963).
Dans la première, une jeune adolescente vit pour la première fois les affres de la passion pour un jeune homme totalement indifférent à son émoi.
Dans la seconde, une jeune fille de retour chez elle à la campagne, le temps des vacances, va renoncer aux charmes de la grande ville et à tous ses rêves de promotion sociale pour succomber aux charmes d’un jeune paysan qu’elle a connu dans son enfance.

Les trois autres n’en sont pas moins touchantes.
Dans Madame (Take a carriage, Madam, 1935), une vieille femme en mal de compagnie va profiter de la bienveillance d’une jeune de ses voisines pour revivre une jeunesse à jamais perdue.
Le temps d’un rêve, Harriet (Passing bell, 1963) va renouer avec Harry, le mari qui l’a autrefois quittée pour une autre et qui est aujourd’hui disparu.
Un beau jour, la sensualité de la jeune Beulah (r)éveille le désir du vieux Rupe Gittle (Goat song, 1963) qui va retrouver ainsi un sens à la vie, malgré la réprobation des habitants de son village.


En cinq nouvelles délicates et sensuelles, Kathrine Kressmann Taylor nous rappelle que, quelle qu’en soit l’issue, l’amour vaut toujours d’être vécu.


Ce qu’elles en ont pensé :

Canel : « Un bien joli moment avec ces nouvelles charmantes et pleines de sensibilité. Certaines m’ont un peu fait penser à Stefan Zweig. »

Flo : « A travers ces différents récits, Kressman Taylor nous embarque dans des histoires touchantes qui pourraient être les nôtres : jalousie, solitude, déconvenue amoureuse, interrogation sur sa vie et le chemin qu’on lui a tracé. »

Florinette : « Ce petit recueil de cinq nouvelles détaillant le rapport entre les êtres, la difficulté d’aimer et d’être aimé, est d’une écriture sensible et élégante. »

Laurence : « Étrangement, je n’ai pas retrouvé ces évocations qui m’avaient tant fait vibrer dans le précédent recueil. Les atmosphères sont ici bien moins présentes, les personnages et les récits plus ternes. »

Lilly : « J’ai beaucoup aimé ce très court recueil. (…) Kressmann Taylor nous montre que quelle que soit notre âge, notre époque, notre lieu de vie, nous recherchons l’affection des autres, et que le souvenir d’un amour perdu ou que l’on a refusé, est la source des plus grands remords. Tout ceci avec une écriture très belle. »

Naniela : « Est-ce que par hasard je serais devenue une lectrice trop exigeante??? Ou peut être est-ce le style “nouvelle” qui ne me convient pas… En tout cas… pas de grandes émotions… »


Ainsi rêvent les femmes, de Kathrine Kressmann Taylor
Traduction de l’anglais (États-Unis) : Laurent Bury
Éditions Autrement / Littératures (2006) - 59 pages