08022010
Aimer est plus fort que d’être aimé -
Après Ainsi mentent les hommes, voici un second recueil de nouvelles signées Kathrine Kressmann Taylor, Ainsi rêvent les femmes, publiées dans diverses revues de 1935 à 1963.
Cinq brèves nouvelles, cinq prénoms en guise de titre, cinq femmes (car même si la dernière nouvelle a pour personnage central un homme, l’auteur n’en dessine pas moins le portrait en creux d’une femme), cinq amours déçus.
La perte d’un amour pour Harriet, la souffrance d’un premier amour non réciproque pour Anna, la solitude et la nostalgie pour Madame, la résignation pour Ellie Pearl.
Kressmann Taylor saisit ces femmes à un stade décisif de leur vie sentimentale. Avec finesse et sensibilité, elle va capturer l’essence de chacune d’entre elles pour en tirer un portrait émouvant.
Mes deux nouvelles préférées sont Anna (First love, 1957) et Ellie Pearl (Girl in a blue rayon dress, 1963).
Dans la première, une jeune adolescente vit pour la première fois les affres de la passion pour un jeune homme totalement indifférent à son émoi.
Dans la seconde, une jeune fille de retour chez elle à la campagne, le temps des vacances, va renoncer aux charmes de la grande ville et à tous ses rêves de promotion sociale pour succomber aux charmes d’un jeune paysan qu’elle a connu dans son enfance.
Les trois autres n’en sont pas moins touchantes.
Dans Madame (Take a carriage, Madam, 1935), une vieille femme en mal de compagnie va profiter de la bienveillance d’une jeune de ses voisines pour revivre une jeunesse à jamais perdue.
Le temps d’un rêve, Harriet (Passing bell, 1963) va renouer avec Harry, le mari qui l’a autrefois quittée pour une autre et qui est aujourd’hui disparu.
Un beau jour, la sensualité de la jeune Beulah (r)éveille le désir du vieux Rupe Gittle (Goat song, 1963) qui va retrouver ainsi un sens à la vie, malgré la réprobation des habitants de son village.
En cinq nouvelles délicates et sensuelles, Kathrine Kressmann Taylor nous rappelle que, quelle qu’en soit l’issue, l’amour vaut toujours d’être vécu.
Ce qu’elles en ont pensé :
Canel : « Un bien joli moment avec ces nouvelles charmantes et pleines de sensibilité. Certaines m’ont un peu fait penser à Stefan Zweig. »
Flo : « A travers ces différents récits, Kressman Taylor nous embarque dans des histoires touchantes qui pourraient être les nôtres : jalousie, solitude, déconvenue amoureuse, interrogation sur sa vie et le chemin qu’on lui a tracé. »
Florinette : « Ce petit recueil de cinq nouvelles détaillant le rapport entre les êtres, la difficulté d’aimer et d’être aimé, est d’une écriture sensible et élégante. »
Laurence : « Étrangement, je n’ai pas retrouvé ces évocations qui m’avaient tant fait vibrer dans le précédent recueil. Les atmosphères sont ici bien moins présentes, les personnages et les récits plus ternes. »
Lilly : « J’ai beaucoup aimé ce très court recueil. (…) Kressmann Taylor nous montre que quelle que soit notre âge, notre époque, notre lieu de vie, nous recherchons l’affection des autres, et que le souvenir d’un amour perdu ou que l’on a refusé, est la source des plus grands remords. Tout ceci avec une écriture très belle. »
Naniela : « Est-ce que par hasard je serais devenue une lectrice trop exigeante??? Ou peut être est-ce le style “nouvelle” qui ne me convient pas… En tout cas… pas de grandes émotions… »
Ainsi rêvent les femmes, de Kathrine Kressmann Taylor
Traduction de l’anglais (États-Unis) : Laurent Bury
Éditions Autrement / Littératures (2006) - 59 pages





Commentaires
Ca fait bien longtemps que je n’ai pas lu de nouvelles et c’est un genre que j’aimais bien…Ton article me donne envie, je note le titre et je ferai un tour à la médiathèque!
Ah une petite découvert, j’ignorais que K Taylor avait écrit des nouvelles, j’avais lu après “inconnu à cette adresse” un roman d’elle mais qui ne m’avait pas convaincu
Perso, j’ai mille fois préféré “jour sans retour” à tout le reste. Un bon roman très fort qui m’a beaucoup marqué…
Celle qui me reste en mémoire est l’histoire d’Anna ! je lirai “jour ans retour”.
En lisant la citation de mes propres mots, je réalise à quel point le temps a fait son oeuvre : je ne sais plus de ce livre que le fait que je l’ai lu…
J’ai un peu moins aimé que ces précédents livres … d’ailleurs, il a fallu que j’aille relire mon billet pour me rappeler vraiment ce que j’en avais pensé !
@ Enna : 5 nouvelles sur 59 pages, ça va être vite plié. Si tu veux te remettre aux nouvelles, profites-en peut-être pour emprunter le recueil présenté par Cuné dernièrement. Il m’avait l’air pas mal et elle garantit un zéro faute pour les douze nouvelles
.
@ Dominique : en fait, j’ai connu Kressmann Taylor d’abord par ses nouvelles, dont la fameuse Inconnu à cette adresse. J’ai lu un de ses romans, Jour sans retour, que j’avais moins apprécié. Et les avis lus ici et là sur Jours d’orage, paru il y a peu, ne m’ont pas donné envie de tenter l’expérience du roman une seconde fois. En revanche, je la trouve très persuasive dans l’exercice de la nouvelle.
@ Choco : j’ai trouvé Jour sans retour bavard et très décevant. Là où en quelques mots elle arrive à toucher juste dans ses nouvelles, j’ai trouvé qu’elle perdait de sa force sur le long terme imposé par le roman.
@ Flo : Anna est une de mes préférées également, même si je crois que je lui préfère encore plus Ellie Pearl.
@ Lilly & Joëlle : que cela signifie que les textes n’étaient pas assez forts pour résister au temps ou que vos neurones commencent sérieusement à dégénérer, ce n’est, de toute façon, pas très bon signe
.
Merci du tuyau : voilà que j’ai noté deux nouveaux titres!!
Je n’apprécie pas trop les nouvelles en général mais ce recueil là, ça fait bien longtemps que j’ai envie de le lire…
@ Enna :
@ L’Or des Chambres : il a été publié depuis au Livre de Poche, il me semble.
J’ai “Jour sans retour” et “Jours d’orage” qui attendent d’être lus dans ma PAL et je n’arrive pas à me décider, parce que j’ai beaucoup aimé “Inconnu à cet adresse” où Kressmann Taylor dit tout en peu de mots, surtout le pire … On m’avait conseillé ce recueil de nouvelles, mais je vais d’abord lire les deux que je possède pour me consacrer à ses nouvelles !
@ Nanne : si tu as aimé l’esprit de concision des nouvelles de Kressmann Taylor, tu risques de trouver, comme moi, Jour sans retour, un peu bavard et redondant. Ça m’intéresserait de connaître ton avis sur ce roman. Quant à Jours d’orage, en plus d’avoir été échaudé par Jour sans retour, les critiques étaient tellement peu enthousiastes que j’ai abandonné l’idée de le lire un jour.