29092009
L’ambulancière et le prince -
Caen, Cannes, Béziers… Au volant de son ambulance de la Croix-Rouge, Claire, 27 ans, parcours les routes de la France fraîchement libérée.
Quand s’achève sa mission, la jeune fille redoute de retrouver le cadre rigide de sa famille, et la seule éventualité de son futur mariage avec son fiancé, prisonnier en Allemagne, la fait frémir.
En cette année 1945, quand s’offre à elle la possibilité de poursuivre son action à Berlin, elle n’hésite pas une seconde et, au grand dam de ses parents, accepte la nouvelle mission qui lui est assignée.
Là-bas, dans un décor de fin du monde, elle va travailler pour la Division des personnes déplacées en participant au rapatriement des victimes du STO et des malgré-nous prisonniers de l’Armée Rouge, dispersés un peu partout dans le pays.
Plus que jamais, dans un Berlin en ruines, Claire va se sentir utile. Ce qu’elle entreprend sur place, les horreurs dont elle est témoin transforment peu à peu la petite fille privilégiée qu’elle était en une jeune femme volontaire et indépendante, appréciée des ses camarades logées dans le même immeuble qu’elle.
Un jour, arrive au 96 Kurfürstendamm, Yvan Wiazemsky, officier français mais authentique prince russe dont la famille a été chassée à la révolution. Immédiatement, Claire va tomber sous le charme de ce jeune homme dont elle admire la désinvolture et le côté extraverti.
Mais plus que tout, ce que Claire aime chez Wia, c’est qu’il l’apprécie pour ce qu’elle est , et non parce qu’elle est la “fille de”…
Pas facile d’être la fille d’un personnage illustre comme François Mauriac. Pas facile non plus, dans les années 1940, d’être une jeune fille de “bonne famille”. Sous l’emprise de sa famille bourgeoise catholique, Claire étouffe. La libération de son pays représente pour elle une chance unique de se libérer du carcan familial et de gagner son indépendance. D’ailleurs, à plusieurs reprises, dans ses lettres à ses parents et dans son journal intime, elle dira : « J’étais une gosse, je suis une femme. »
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Cependant, malgré ses réelles aspirations à s’émanciper, Claire reste par certains côtés une petite fille. D’ailleurs, son indépendance est toute relative. Son esprit “rebelle” fera long feu dès qu’il sera question de son mariage avec Wia : elle n’aura de cesse d’obtenir l’accord parental (aurait-elle bravé l’interdiction ?) et pliera devant l’insistance de son père pour que le mariage soit célébré à Paris et non à Berlin comme l’avaient souhaité les fiancés.
Claire va trouver dans son travail d’ambulancière de quoi satisfaire son grand besoin de reconnaissance. Paradoxalement, c’est au milieu des ruines de la capitale allemande qu’elle va vivre les instants les plus intenses et les plus merveilleux de son existence. L’omniprésence du danger, de la douleur et de la mort les fait se sentir d’autant plus vivants, elle et ses camarades, Rolanne, Mitsou, Plumette, Olga… Savoir que la vie peut basculer à chaque instant exalte les sentiments, l’amitié, la solidarité, le courage.
C’est aussi certainement ce contexte hors du commun qui favorise et alimente la romance entre Claire et Wia.
Car tout oppose les deux jeunes gens : leur milieu social (Claire est issue de la bourgeoisie catholique, Wia d’une famille princière russe déchue), leur culture (Claire est très « française » alors que Wia est cosmopolite), leur caractère (Claire est réservée et migraineuse, Wia est extraverti et charmeur).
La jeune fille en est bien consciente et confie à son journal : «Wia aime sortir le soir et je déteste ça ; il aime voir des amis et je déteste ça; il aime raconter des histoires drôles et je déteste ça; nous n’avons aucun point commun, mais je pense que c’est peut-être avec lui que j’ai une toute petite chance d’être heureuse.»
Il était une fois, une ambulancière et un prince. Ils s’aimèrent, se marièrent, vécurent heureux et eurent des beaucoup enfants.
Avec Mon enfant de Berlin, Anne Wiazemsky propose une histoire pour le moins banale (deux jeunes gens tombent amoureux), dans un contexte extra-ordinaire (le Berlin de l’immédiate après-guerre).
Ce qui est certainement moins banal, pour l’auteur tout au moins, c’est que les deux personnages dont il est question dans le roman sont ses propres parents, Claire Mauriac et Yvan Wiazemsky. L’enfant de Berlin dont il est question dans le titre du roman n’est autre qu’Anne elle-même. D’ailleurs, les lettres de Claire à ses parents et son journal intime sont la base du roman. L’auteur les inclut à son récit de façon à faire s’interpénétrer les deux voix, celle de la mère et celle de la fille.
Malheureusement, ma déception est à la hauteur de mes espérances. Là où j’attendais fougue, émotion, ardeur, je n’ai trouvé qu’une romance gentillette, à la limite de la mièvrerie. Je garde pourtant un excellent souvenir de Je m’appelle Elisabeth, le seul roman d’Anne Wiazemsky que j’ai lu avant celui-ci. A n’y rien comprendre.
Pourtant, on retrouve dans Mon enfant de Berlin les mêmes “ingrédients”, ou presque, que dans Je m’appelle Elisabeth : une circonstance spéciale offre à une gamine en mal d’émancipation (mais ayant toujours besoin d’être protégée) l’occasion de prouver à son père qu’elle est une grande. Alors pourquoi la magie n’a-t-elle pas opéré cette fois-ci ? Même le style d’Anne Wiazemsky, que j’avais trouvé limpide et collant fort bien au récit, m’a paru ici sans relief.
La faiblesse de Mon enfant de Berlin réside essentiellement dans l’idéalisation de ses deux personnages principaux : Claire et Wia sont jeunes et beaux, ils s’aiment, ils sont heureux, volontaires, courageux… Aucune ambivalence, aucune complexité chez eux. Zéro défaut.
Leur romance est gentillette et chaste. J’ai été choqué de ne trouver aucune trace de sensualité dans les pages de ce roman qui est quand même l’histoire d’une rencontre amoureuse et du fruit de ces amours. Même pour l’époque, on peut s’étonner de l’extrême retenue déployée par les deux tourtereaux qui semblent tout heureux de quelques chastes bisous échangés ! A aucun moment, il n’est question de l’attrait es corps, du désir.
La retenue, voilà le mal dont souffre ce roman. Le fait qu’il s’agisse des parents de l’auteur n’y est peut-être pas étranger.
Alors bien sûr, il y a le contexte historique en toile de fond, mais, évoqué à l’occasion, il n’est là que comme “prétexte” à la romance qui prend tout l’espace.
J’aurais préféré que l’idylle de Claire et Wia soit le prétexte pour parler de ces filles de bonnes familles piégées par les conventions, vouées au mariage, à élever leurs enfants.
Tout juste esquissé dans une courte scène dans un café, le poids des différences de classe et de culture de Claire et Wia méritait lui aussi d’être creusé.
Et que dire de la description de la vie de ces Allemands dont on ne parle que rarement, ces survivants aux bombardements qui tentent d’échapper aux viols, aux meurtres, à la famine ? Fugitivement évoqués au cours de l’épisode où Claire, bravant les interdits, va prévenir une allemande que les autorités viendront le lendemain lui retirer son enfant né de père français…
On me rétorquera que tel n’est pas le sujet du livre, que je fantasme un tout autre livre.
Peut-être, mais c’est celui que j’aurais aimé lire.
Sur le site des Éditions Gallimard, Anne Wiazemsky parle de Mon enfant de Berlin dans un entretien vidéo. Thierry Hancisse, Sociétaire de la Comédie-Française, y lit un extrait du roman. Les premières pages du roman (disponibles également en annexe de ce billet) y sont proposées à la lecture.
Ce qu’ils en ont pensé :
Alice : « C’est un roman magnifique aussi beau, et aussi fort que Hymne à l’amour (la suite en quelque sorte) que j’avais trouvé aussi très fort. L’écriture d’Anne Wiazemsky se bonifie avec le temps Mon enfant de Berlin est son meilleur roman que j’ai lu d’elle. »
Cathe : « Je crois que tous les lecteurs et lectrices ont été sous le charme de ce magnifique récit. Anne a fait un très beau travail de romancière en faisant revivre sa mère pendant les quelques années qui ont précédé sa naissance, puisque l’enfant de Berlin c’est bien sûr elle. »
Clarabel : « Mon enfant de Berlin est une parenthèse enchantée, l’histoire d’un amour fou vécu à un moment incrusté dans le temps, la solidarité d’un groupe et leur amitié soudée dans la communion d’une même vocation - aider les autres, oublier les heures sombres. C’est un très, très beau roman, le cadeau d’une fille pour ses parents, car c’est elle, Anne, l’enfant de Berlin. Elle nous prouve livre après livre sa lignée et son destin romanesques, et c’est tout bonnement admirable. J’aime infiniment. »
Lilly : « Écrire un roman sur ses parents est certainement difficile. Écrire un roman sur l’amour de ses parents l’est sûrement encore plus. Cela nécessite une capacité à prendre du recul importante que je n’ai retrouvée à aucun moment dans Mon Enfant de Berlin. »
Mireille : « Je ne sais pas trop quoi penser de ce roman si ce n’est une réelle déception par rapport aux nombreuses critiques positives que j’avais lues. Certes, il doit être très difficile d’écrire l’histoire de ses parents, et encore plus l’amour de ses parents, mais j’ai trouvé cette biographie romancée gentillette, sans plus. La première partie est plus intéressante, mais j’avoue avoir survolé quelques pages de la seconde partie. Je peux même dire que je me suis ennuyée et ce livre ne me laissera pas un souvenir impérissable. »
Sylire : « J’ai vraiment adoré ce roman ; J’y ai retrouvé des personnages entrevus précédemment dans « Hymne à l’amour », « Jeune fille » et « Une poignée de gens ». La description de ce que fut Berlin après la guerre m’a beaucoup intéressée. »
Mon enfant de Berlin, d’Anne Wiazemsky
Gallimard (2009) - 247 pages





Commentaires
Je n’ai lu qu’un roman d’Anne Wiazemsky : “Canines”… aucun souvenir, mais il est pourtant dans ma bibliothèque ! Je ne me risquerai donc pas à lire celui-ci !
ICB, dans mes bras ! Tu as dit ce que je n’osais pas dire, à savoir qu’il est hallucinant que ce livre ne contienne pas une seule scène de sexe ou quelque chose qui s’en approche. Je pense que ça prouve que l’auteur écrivait sur ses parents, et que c’est vraiment beurk d’imaginer ses parents le faire ou même penser le faire.
En fait, on a complètement le même avis sur ce livre je crois…
Je crois qu’elle a peut-être magnifié cette romance parce qu’elle en avait décrit la “face sombre” dans “Hymnes à l’amour” (bah oui, le conte de fées n’a pas duré, c’est évoqué brièvement par Olga à la fin du livre…)
@ Kathel : pour ma part, j’avais vraiment bien aimé Je m’appelle Elisabeth.
@ Lilly : euh, bon, ben d’accord, dans tes bras…
(j’en rosis d’émotion) C’est vrai que j’aurais presque pu faire un copier/coller de ton billet. Sans regretter l’absence de “scène de sexe”, il me semble inconcevable, et donc irréaliste, que la relation qui unit Claire et Wia soit aussi chaste qu’un épisode de la série des Martine, de Delahaye et Marlier. Elle est où la fougue de la jeunesse, la flamme des premières fois, l’émotion de la découverte des corps ? Leur amour est trop désincarné pour être crédible et, surtout, pour qu’on s’y attache.
@ Cathe : magnifié, sans aucun doute (il faudrait, pour en être totalement certain, lui demander, bien sûr). Quant à la fin malheureuse de cette relation, il y a effectivement des signes annonciateurs. Cette issue n’a finalement rien d’étonnant car on a le sentiment que Claire est tombée amoureuse d’une image et non pas d’un être humain. J’aurais bien envie de lire Hymne à l’amour pour voir comment évolue le couple Claire/Wia et si je retrouve la Anne Wiazemsky qui m’avait touché avec Je m’appelle Elisabeth…
Je suis tout à fait d’accord avec Cathe: la dégrigolade du couple est décrite dans l’hymne à l’amour.
Nous sommes ici dans l’euphorie de la rencontre, avec l’atmosphère de l’époque. En tant qu’enfant il est difficile d’imaginer les relations sexuelles de ses parents. Dans son journal intime, sa mère ne l’aborde pas. Pourquoi Anne l’aurait-elle fait, elle, sa fille ?
On lit entre les lignes que ce couple peut ne pas fonctionner compte tenu des différences entre eux mais à Berlin, ils y croient fort et c’est ce que veut montrer Anne Wiasemsky je pense.
Mais je comprends ton ressenti. Je remarque que ceux qui ont aimé ce livre connaisssent quasiment toute l’oeuvre qui se lit peut-être comme un tout ?
“En tant qu’enfant il est difficile d’imaginer les relations sexuelles de ses parents. Dans son journal intime, sa mère ne l’aborde pas. Pourquoi Anne l’aurait-elle fait, elle, sa fille ?”
Parce qu’en littérature, on cherche à raconter des choses qui touchent les lecteurs de façon universelle. On ne raconte pas sa vie, celle de papa et maman, mais celle de tout le monde. Sinon, ça ne sert à rien d’écrire des romans, ce ne sont que des redites, les journaux suffisent… Non ? :o)
L’absence de sexe n’est de toute façon qu’un exemple, mais je trouve cela anormal qu’avant même la fin du livre, j’avais compris qu’on y aurait pas droit tellement c’était le pays des fées. Et je l’ai déjà dit chez moi mais je le redis, je trouve ça inquiétant quand on dit que pour comprendre tel livre il faut avoir lu tel autre (sauf dans une série). Un livre est quand même censé se suffire à lui même…
Je trouve intéressant ta vision sur ce livre ICB ! Et Sylire je suis entièrement d’accord avec toi. Le problème de ce roman c’est qu’il en ait pas vraiment un (mais il loin d’être le seul !), il se rapproche plutôt du récit. Mais, les rapport entre Claire et Wia sont loin d’être un conte de fée et je pense que le contexte politique, relation entre les deux familles est bien plus complexe qu’une légère romance. En ce qui concerne l’absence de sexe ou de passion torride comme vous le voulez et bien je pense que c’est pas forcément dit mais suggéré par la lecture. Et un très beau exemple, Lilly dans Madame Bovary, la scène du carrosse entre Emma et Rodolphe rien est dit tout est dans la suggestion.
Un livre suffire à lui même non je ne suis pas d’accord (Lilly) l’œuvre d’un auteur et un tout c’est là où c’est intéressant.
Anne Wiazemsky a beaucoup écrit sur sa famille, les rapports avec ses parents, son père décédé quand elle était jeune, élevée par son grand père tout cela n’est pas simple et loin d’un conte de fée. En écrivant “Je m’appelle Elisabeth” (pas lu) elle a voulu me semble t-il avoir lu fuir l’univers familiale lourd et pour le coût s’essayer au roman me semble t-il !
@ Lilly : je crois que tu devrais écrire un “Mon enfant de Berlin” bis, ou le livre que tu aurais aimé lire
(avec les scènes torrides…)
En tout cas on devrait bénir les blogs de pouvoir échanger comme cela nos avis (contraires ou non) sur un livre
Ce à quoi tu me réponds : “Dans son journal intime, sa mère ne l’aborde pas. Pourquoi Anne l’aurait-elle fait, elle, sa fille ?”. Mais justement parce qu’elle est romancière et que, si je ne m’abuse, il y a bien précisé “Roman” sur la couverture.Ce qui me conforte dans l’idée qu’Anne Wiazemsky n’a pas réussi à se détacher de l’image de ses parents, ni à les considérer comme des personnages à part entière.
Enfin, pour ce qui est de ta dernière remarque, je pense effectivement qu’avoir une vision globale de l’histoire familiale de l’auteur à travers ses précédents romans peut certainement aider à (mieux) apprécier celui-ci…
@ Alice : comme toi, je n’aime pas qu’un auteur me mette les points sur les i (j’ai toujours l’impression dans ces cas-là d’être pris pour un neuneu). C’est pourquoi les romans que je préfère sont ceux qui sont dans la suggestion. J’aime qu’on me laisse la possibilité d’interpréter, de décoder, d’inventer… Mais là où je ne suis plus d’accord avec toi, c’est que justement dans le cas présent de Mon enfant de Berlin, non seulement l’amour des deux héros n’est pas détaillé (Dieu soit loué !) mais il n’est pas plus suggéré. C’est l’émotion degré zéro.
Tu me dis que le contexte politique, la relation entre les deux familles en font quelque chose de plus complexe qu’une légère romance. J’aurais bien aimé que ce soit le cas. Pour moi, tous ces aspects qui auraient effectivement fait tout le sel de cette histoire sont survolés, tout juste esquissés. Tout comme en matière de sentiment, aucun de ces thèmes n’est approfondi.
Quant à considérer chaque livre d’un auteur à la lumière de son œuvre, je suis d’accord avec toi, ça fait immanquablement ressortir tout un tas de nuances qu’on ne peut pas voir sinon. Mais, sur ce point, je rejoins Lilly, “un livre doit d’abord et avant tout se suffire à lui-même”.
@ Cathe : dommage que les unes et les autres ne vous focalisiez que sur mon évocation de l’absence de ce que tu appelles des “scènes torrides”. Il ne s’agit pour moi que d’un exemple symptomatique de l’ensemble du roman et non pas d’un manque frustrant.
Intéressants tous vos échanges. J’ai hâte de le lire pour me faire mon idée.
C’est un des livres de la rentrée qui me tente bien pourtant… Ton billet me refroidie, sincère et tellement crédible… à voir donc:)
décidement, ce roman ne fait pas l’unanimité…
Cathe et Alice : je n’ai pas dit que le sexe manquait dans ce livre, mais qu’il était significatif qu’il n’y en ait pas. Réécrire le livre avec quelques scènes torrides ne servirait à rien puisque c’est le texte entier qui manque de recul. Le sexe, comme le dit ICB, n’était qu’un exemple.
Sinon, je suis d’accord Alice que parfois la suggestion est tout aussi efficace et éloquente. Mais si ton exemple de Madame Bovary est juste, je ne comprends pas ton parallèle avec le Wiazemsky. Il n’y a même pas de suggestion, le sexe n’existe tout simplement pas.
Enfin, bien sûr qu’un texte fait partie d’un tout, et que ce tout offre des clés de lecture. Mais ce tout ne doit pas être indispensable pour combler les manques d’un roman et les frustrations qu’ils entraînent. Je trouve anormal de devoir se dire “oui, mais en fait pour que cet aspect fondamental soit développé, il faut avoir lu tel autre texte, sinon on n’y comprends rien. Un roman doit aussi savoir tenir debout tout seul.
(en fait, je suis d’accord avec ICB, je commence à croire qu’on partage le même cerveau… ;o)))
@ Anne : c’est toujours le meilleur moyen pour se forger sa propre opinion.
@ Sylvie : pour faire contrepoids à mon avis, n’hésite pas à consulter les autres billets, qui sont majoritairement enthousiastes.
@ Choco : non seulement, il ne fait pas l’unanimité mais les avis sont très tranchés. Je suis étonné que les passions soient à ce point exacerbées.
@ Lilly : un cerveau pour deux ? Tu tends la perche pour te faire battre !!
Incoldblog et Lilly, vous vous en sortez bien avec un cerveau pour deux pour car pour Cathe, Alice et moi c’est un cerveau pour trois
Pff! Moi qui avais lu un extrait et qui étais tentée! En fait j’avais lu un roman de Wiazemsky, que j’avais beaucoup aimé (même si je ne me souviens plus du titre). Maintenant, tu me fais douter.
@ Sylire : finalement, on n’est pas si mal lotis Lilly et moi
@ Sophie : si les extraits que tu as lus t’ont tentée, je ne vois qu’une alternative : lire le roman et te faire ton opinion. D’autant que ta précédente découverte de l’auteur t’avait séduite.
Est-ce que Wia est boiteux et balafré ? Si non, je passe mon tour !
Voilà ce qu’on peut lire sous la plum de J-C Lebrun, dans L’Huma, à propos de Mon enfant de Berlin : “Voici peut-être le livre le plus émouvant de la rentrée. Un récit en même temps digne et contenu, teinté d’un élégant soupçon de distance. Peut-être parce que celle qui écrit est une petite-fille de François Mauriac…” Ha. Nous y voilà ! Si c’est “teinté d’un élégant soupçon de distance”, et donc d’une pudeur qui confine au cul-cul-la-praline, passez-moi l’expression, c’est parce que c’est la petite fille de Mauriac ! De Justine Lévy qui fait sa “mauvaise fille”, on s’empressera aussi de rappeler qu’elle est la fille de BHL. De nos jours, noblesse oblige. On se raccroche aux branches de l’arbre généalogique. Fottorino écrit sur son beau-papa. Et la foule médusée applaudit des deux bras : c’est si beau, le roman d’un enfant !
ah, les personnages unidimensionnels… je les fuis comme la peste! Ceci dit, je note Je m’appelle Elizabeth. Comme ca, je me ferai mon idée! bonne fin de w-e!
@ Caro(line) : non, Wia n’est ni boiteux, ni balafré, mais comme de Peyrac, s’il ne répond pas aux canons de la beauté courants, il compense par un charme irrésistible…
@ Anne P. : “digne et contenu, teinté d’un élégant soupçon de distance” sont de doux euphémismes qui, finalement, vont dans le même sens que ce que j’en ai dit
@ Choupynette : Je m’appelle Elisabeth traite des thèmes récurrents dans Mon enfant de Berlin, mais de façon plus subtile et plus complexe à mon avis…
Malgré tes gros bémols, je suis quand même curieuse… Il me tente moins qu’avant, par contre!
@ Karine : tu as raison d’être curieuse, d’autant que, comme tu as pu le constater, les “pour” battent les “contre” à plate couture… Alors, ce livre est peut-être pour toi…
Je me réjouissais de le lire, maintenant un peu moins, mais comme Karine, je souhaite le lire même s’il n’est jamais libre à la bibli.
ps : très bon billet, bravo !
@ Theoma : le fait qu’il ne soit jamais dispo à la bibliothèque devrait te conforter dans ton envie de lire ce roman malgré ce que j’en ai pensé